Il vous est déjà arrivé de faire un rêve lucide ?
C’est comme un rêve éveillé, vous êtes conscient et pourtant vous dormez. On peut le considérer comme un réveil partiel, suite à une prise de conscience dans un rêve, vous en prenez le contrôle.
Généralement c’est fortuit, on tombe sur quelque chose d’incongru (une chèvre parlante) ce qui déclenche une prise de conscience, mais avec un peu d’entraînement on peut se « réveiller » plus souvent.
Le lien ici pour les curieux.

« Hey mec ! T’as vu mon bouc ? »
Mais quel rapport le (splendide) titre me demanderez-vous, eh bien considérez la situation suivante : il est 10h du matin, la maisonnée vient à peine de se lever et prend son petit-déjeuner (ce qui fait beaucoup de « é ») quand tout à coup arrive subrepticement, par derrière et sans crier gare et papounet remonté comme une pendule ce qui est déjà suspect vu la vivacité habituelle du sujet.

« On peut m’apporter mon livre ?
-Aaah mais il est à un mètre de toi !
-Oui mais c’est loin… »
Voilà qui pourrait suffire à mettre la puce à l’oreille.
Mais ce n’est pas tout ! Il nous annonce par la suite que nous allons faire du kayak et qu’il faut donc se magner pour y être à l’heure.
Là, j’ai eu un doute.
Je me pince -test de réalité plutôt banal.
Aïe.
Je saute, tiens je ne vole pas.
Bon on touche ses doigts alors.
Je les sens.
Décidément… allez, on arrête de respirer et on regarde son nez (mesure d’urgence).
J’ai tourné au bleu et j’ai eu l’air plutôt stupide mais je ne me suis pas réveillé…

Rêveur lucide en plein test.
Damned, ce cauchemar est réel… nous allons bel et bien faire du canoë, ou du kayak c’est selon.
D’ailleurs si on pouvait m’expliquer la différence j’en serais fort aise.
En avant donc, on s’arnache, on bouscule, on cherche, on ne trouve pas, on va voir maman, on trouve (mais c’était sous ton nez ! T’es aveugle ou quoi ?), on charge, on rentre dans la voiture et on ferme le portail.
Euh non on ferme le portail et on rentre dans la voiture, c’est mieux.
Puis on fait demi-tour parce qu’on a oublié la pitance…
Une mise à mort plus tard, nous arrivons… dans la rue Valentino Rossi.
Ce qui ne met pas forcément maman en confiance, étant allergique à la vitesse.

Mesdames et messieurs, je vous présente l’inconscience.
C’est le début de notre excursion en canot, Alexandrine et Lara, Papa et Tristan, Maman et Valentine, et moi tout tranquille dans mon canoë une place.
Tout à l’air très simple au premier abord, comme le tennis ou monter des blancs en neige, mais c’est nettement plus compliqué après 10 secondes…
Symptômes : hallucinations « tiens, j’ai des muscles »,
perte des repères « il doit rester entre 10 et 2 kilomètres je crois »
Bobos divers « Mon pied ! Ma tête ! – Mes oreilles… »
Coups de soleil « Tu saignes ou tu brûles ? – Les deux »
Et cerise sur le gâteau, les courbatures.
Faîtes bien attention en passant les rapides, ça peut faire bobo.

Valentine et sa grosse bosse peuvent en témoigner.
On invente alors diverses stratégies pour éviter de s’ouvrir une deuxième fois l’arcade sourcillière :

Maman et Tristant qui passent les rapides à pied par la berge
Ou bien on fonce, ce qui généralement finit… dans l’eau.
Pour une bonne tranche de rigolade, rien ne vaut un déjeuner à l’embouchure d’une descente. En ces lieux se croisent les incapables, les ronchons, les malpolis, les mal coordonnés et ceux qui en rient.

Gnihihi.
Le canoë est une activité assez… physique, il est vrai que pagayer pendant 5 heures en zigzaguant entre de traîtres rochers n’est pas dans nos habitudes, mais tout de même, c’est éprouvant.
Pour les feignasses (généralement propriétaires de bras en chamallow) il vaut mieux se mettre à l’avant de l’embarcation, en effet c’est plus reposant, armé de votre rame vous devez empêcher l’embarquation de s’échouer lamentablement sur des pierres ayant la fâcheuse habitude de se mettre en travers de votre chemin.
D’ailleurs si vous êtes dyslexiques ou/et que vous ne connaissez pas votre gauche de votre droit, mieux vaut s’abstenir : lors des délicates manœuvres de freinage dans les rapides -souvent accompagnées de quelques jurons. Le pagayeur situé à l’avant doit ramer du côté de l’obstacle afin de changer de cap tandis que celui à l’arrière freine du côté opposé afin de décaler le canoë.
Si vous avez survécu à cela, il vous faut encore éviter de vous retourner en rentrant dans les autres cigares flottant la plupart du temps à la dérive.
Imaginez alors les situations dans lesquelles vous pouvez vous fourrer si vous ne pagayez pas du bon côté, lors d’un freinage par exemple vous rentrerez dans le mur encore plus vite et -c’est là que c’est drôle- votre embarcation est soumise à un choix cornélien : je me renverse ou je me retourne ?
Nous avons eu les deux situations plusieurs fois de suite ce qui vous renseigne sur les capacités de la famille à s’orienter…
Quand on s’ennuie ou plus généralement lorsqu’on commence à vouloir ouvrir la machoire de son compagnon de route à coup de rames, il vaut mieux changer d’équipe.
C’est ainsi qu’après douze (DOUZE !) kilomètres bien sonnés nous atteignâmes la fin du parcours et fûmes secoués comme de la salade dans une essoreuse lors du retour en bus. Il fallait spécifier que c’était une entreprise corse…
Puis on se rentre.
Bilan chiffré de l’excursion en canot :
- 1 bosse (Valentine)
- 3 points de souture (Maman)
- 12 kilomètres à la rame
- trop de coups de soleil (on avait bien pensé aux bras et visages mais bêtement pas aux jambes…)